Emmanuel Macron a clôturé ce mardi une visite très dense de 24 heures à Beyrouth. Une visite surtout destinée à maintenir la pression sur les dirigeants libanais pour qu’ils mettent en place les réformes attendues par la communauté internationale. Le chef de l’État français a annoncé que toutes les formations politiques se sont engagées à ce que la formation du nouveau gouvernement ne prenne pas plus de 15 jours.

« Toutes les formations politiques sans exception se sont engagées ce soir, ici même, à ce que la formation de ce gouvernement de mission ne prendrait pas plus de quinze jours », a déclaré le président français lors d’une conférence de presse à Beyrouth à l’issue d’entretiens avec les principaux dirigeants politiques.

Il a ajouté que le gouvernement rassemblerait des personnalités « compétentes » et serait formé « comme un collectif indépendant qui aura le soutien de tous les formations politiques ».

Le nouveau Premier ministre, Moustapha Adib, nommé quelques heures avant l’arrivée d’Emmanuel Macron lundi, doit entamer mercredi les consultations parlementaires pour la formation de son équipe.

Le président français a rappelé que « la moyenne ces dernières années » pour la formation des gouvernements au Liban était « entre 5 et 11 mois » en raison des divergences politiques.

Emmanuel Macron a assuré que Moustapha Adib, un diplomate relativement inconnu jusque là, avait « sur le plan politique un soutien massif des forces politiques, même s’il n’est pas unanime ».

« Cette légitimité, il ne peut l’obtenir qu’en formant rapidement un gouvernement de mission fait de professionnels, une équipe la plus solide possible », a-t-il ajouté.

Le président français a assuré, en parallèle, qu’un « accord de tous a été acté ce soir » sur une « feuille de route » économique concernant « l’électricité, le contrôle des capitaux, l’audit indispensable de la Banque centrale et la réforme des marchés publics(…) ».

« Si les promesses ne sont pas tenues d’ici octobre, il y aura des conséquences », a-t-il averti.

Le Liban subit depuis des mois une crise économique inédite, marquée notamment par une dégringolade monétaire, des restrictions bancaires et une hyperinflation.

Le pays, dont la moitié de la population vit sous le seuil de pauvreté, souffre depuis des décennies de nombreuses défaillances au niveau des services publics, notamment de coupures d’électricité.

Le 4 août, une explosion gigantesque au port a dévasté des pans entiers de la capitale, tuant au moins 188 personnes et alimentant la colère de la rue qui impute le drame à la négligence et la corruption d’une classe dirigeante.

(Avec AFP)

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